Face à la dégradation accélérée du marché viticole, la Communauté interprofessionnelle du vin vaudois (CIVV) dénonce l’inertie des autorités cantonales et fédérales.
La Communauté interprofessionnelle du vin vaudois (CIVV) exprime son inquiétude croissante face au décalage persistant entre les promesses des décideurs politiques et la réalité des mesures concrètes. Alors que la situation de la viticulture suisse continue de se détériorer, les paroles doivent maintenant céder la place aux actes.
Les craintes de 2025 se confirment
Les inquiétudes formulées par la branche en 2025 se matérialisent aujourd’hui. Les annonces récentes et les intentions de réduction d’achats émises par plusieurs acteurs significatifs confirment que la viticulture vaudoise traverse une crise structurelle majeure. Une part importante de la production 2026 ne pourra déjà pas être prise en charge. Cette situation était prévisible. Les conséquences sociales et économiques seraient amoindries si les autorités honorent leurs engagements.
Au niveau fédéral: plus de proactivité
La CIVV demande à l’administration fédérale de proposer avec volontarisme des mesures concrètes pour encadrer les importations de vins. Il s’agit de définir prioritairement les grands mécanismes à cet effet, de fédérer les parties à ce sujet et ensuite seulement d’affiner les modalités de mise en oeuvre.
La viticulture suisse ne peut rivaliser avec les productions étrangères dans un marché sans mesures de protection. Une concurrence équitable exige des garde-fous, comme pour tout autre métier dépendant de la terre.
Si la CIVV salue l’augmentation des moyens fédéraux de CHF 10 millions destinés aux améliorations structurelles, elle exige leur mise en oeuvre rapide et réaliste. Cela signifie concrètement : un soutien rétroactif à la reconversion du vignoble, flexible et non définitif, permettant aux viticulteurs de s’adapter aux nouvelles réalités du marché.
Au niveau cantonal: séquencer et accélérer le plan prévu.
Le Canton a communiqué un plan d’action en novembre 2025. Au vu de la détérioration extrêmement rapide du marché, la CIVV demande d’accélérer les mesures prévues et de les prioriser. Les délais s’écoulent et les créanciers n’attendent pas.
La CIVV formule des demandes claires et réalisables:
- Débloquer des moyens supplémentaires conséquents en 2026 déjà pour la promotion des vins vaudois, sans contreparties disproportionnées. L’OVV est prête. Les plans d’action existent. La branche attend le soutien de toutes les instances politiques cantonales à cet effet.
- Mettre en oeuvre immédiatement les mesures de soutien à la reconversion volontaire du vignoble, en coordination avec les actions fédérales, pour assurer une action cohérente. Nous préconisons de séquencer la démarche, en débutant par les parcelles incontestées, sur la base de critères simplifiés.
L’urgence du moment
L’étendue des difficultés est maintenant quantifiée. Les mesures nécessaires sont connues. Les ressources existent. Les acteurs de la branche sont mobilisés et prêts à agir.
L’avenir de notre viticulture, de nombreux emplois, de notre patrimoine, de nos paysages viticoles se joue actuellement. La CIVV attend par conséquent des résultats dans les prochaines semaines, dans l’intérêt des centaines de producteurs concernés.
Renseignements complémentaires
Olivier Mark, président de la CIVV, 079 210 37 40, om@oliviermark.ch
Martin Pidoux, secrétaire de la CIVV, 079 752 15 41, m.pidoux@prometerre.ch
La CIVV unit les forces du monde vitivinicole vaudois. Elle est l’organe de coordination de la filière en regroupant la production (FVV: Fédération vigneronne vaudoise et ASVEI-VD: Association suisses des Vignerons-Encaveurs, Vaud) et l’encavage (UENV Union des encaveurs et négociants en vins VD-FR et FCVV: Fédération des caves viticoles vaudoises). La CIVV supervise également les activités de l’OVV (Office des vins vaudois).
